Publié par Noémie dans Santé le 23/07/2025 à 08:31
L’arthrose (ou ostéo-arthrose), maladie articulaire très fréquente chez les chevaux, est une affection dégénérative progressive du cartilage des os d’une articulation.
Selon son stade et les zones touchées, elle peut provoquer chez le cheval des raideurs, boiteries, difficultés à se déplacer, ou même à s’alimenter.
Bien qu’elle soit rencontrée d’avantage chez les vieux chevaux, les jeunes peuvent également en souffrir, en raison d’un travail sollicitant trop intensément leurs articulations, ou lors d’un défaut d’aplombs.
Tout d’abord, il est important de savoir ce qu’est une articulation et le cartilage.
L’arthrose suit un processus naturel d’usure. C’est une maladie dégénérative du cartilage, conduisant à sa destruction au niveau des zones touchées. Les contraintes sur les os vont donc augmenter, ce qui va entraîner une inflammation de la membrane synoviale. Lorsque le cartilage aura entièrement disparu (dans les cas d’arthrose avancée), l’articulation deviendra alors très douloureuse pour le cheval, même au repos.
Le cartilage possédant une capacité de cicatrisation très faible, il lui est impossible de se régénérer et les dégâts causés par l’arthrose sont donc irréversibles.
Toutes les articulations sont à risque de développer de l’arthrose, même si certaines zones sont plus courantes que d’autres : pied, boulet, jarret, mais également l’Articulation Temporo-Mandibulaire (de la mâchoire).
Les symptômes de l’arthrose peuvent être difficiles à déceler dès le début, étant donné qu’elle peut s’installer de manière plus ou moins rapide (sur quelques mois ou plusieurs années). En voici quelques-uns (ils s’aggravent généralement lorsqu’il fait froid et humide) :
C’est le vétérinaire qui établira le diagnostic grâce à des radiographies (parfois, l’échographie, le scanner ou encore l’IRM seront nécessaires, notamment lorsque les lésions ne sont pas encore visibles à la radio). Ces dernières permettent de visualiser le niveau d’usure des articulations.
Il procèdera également à un examen général, en palpant les articulations, tendons ou encore ligaments, à la recherche d’une éventuelle douleur ou encore d’un gonflement.
Un examen dynamique pourra également être proposé, l’arthrose étant généralement plus douloureuse lors d’un travail sur sol dur.
Comme dit précédemment, un cheval ne guérit pas de l’arthrose, le traitement a pour but de soulager la douleur et éviter que l’arthrose ne progresse trop rapidement.
Le vétérinaire peut prescrire différents traitements médicamenteux suivant le stade d’arthrose du cheval :
- Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) : ils agissent directement sur l’inflammation afin de la faire diminuer, et ainsi, diminuer la douleur ressentie par le cheval. Ces molécules peuvent avoir des effets secondaires, leur administration doit toujours se faire selon les recommandations du vétérinaire.
- L’infiltration intra-articulaire : le vétérinaire injecte dans la capsule articulaire un mélange de différentes molécules (corticoïdes, acide hyaluronique, ou encore IRAP, PRP,…). Le but est le même que pour les AINS.
- Les traitements à base de Biphosphonates (en injection intra-veineuse ou intra-musculaire) : ces molécules ralentissent la formation de l’arthrose et donc la douleur associée.
- La mésothérapie : particulièrement prescrite lors de pathologies dorsales et d’arthrose cervicale, elle consiste à injecter localement de toutes petites doses de produit dans le derme du cheval afin de bloquer les signaux de la douleur.
- Les Chondroprotecteurs : leur but est de protéger les cartilages des articulations et limiter la progression des lésions. On retrouve la Glucosamine (diminue l’inflammation au sein de l’articulation et stimule la synthèse de collagène), la Chondroïtine (empêche l’action de certaines enzymes inflammatoires au sein de l’articulation) ou encore le MSM (Méthyl-sulfonyl-méthane).
- La phytothérapie avec l’utilisation d’harpagophytum : connue pour ses propriétés antidouleurs et anti-inflammatoires. Attention, elle est dopante !
- Les soins de maréchalerie : élément central, ils doivent être réguliers afin de prévenir tous défauts d’aplombs, et rééquilibrer les appuis du corps sur les pieds. Le parage et / ou la ferrure permettront de compenser les déséquilibres et diminuer les douleurs liées à l’arthrose (un défaut d’aplomb peut favoriser la formation d’arthrose).
- La mobilité : pour un cheval atteint d’arthrose, le mouvement est essentiel. Une activité « en douceur » et en respectant le seuil de tolérance physique du cheval est vivement recommandée, tandis que le repos forcé ne fera qu’accélérer la progression de l’arthrose. Il sera nécessaire d’échauffer longuement au pas le cheval, avant de commencer le travail et de privilégier des lignes droites et cercles larges (en début de séance), afin de limiter les contraintes sur les articulations.
- La gestion du poids : le surpoids, à l’origine de la surcharge des articulations, favoriserait l’apparition d’arthrose et aggraverait les symptômes en cas d’arthrose avérée.
- L’intensité du travail et le sol sont 2 facteurs qui peuvent être à l’origine d’une arthrose précoce. En effet, des séances de travail inadaptées (trop intenses, trop longues, trop fréquentes, avec de forts impacts répétés,…) pour un cheval avec un manque de préparation ou en pleine croissance par exemple, seront traumatisantes pour ses articulations. De même qu’un travail sur sol profond fera forcer sur les tendons, tandis qu’un sol dur aura un impact direct sur les articulations. La meilleure solution est donc de varier les terrains.
- Les arthrites septiques (qui sont des infections de l’articulation) peuvent être à l’origine d’arthrose, c’est pour cette raison qu’il est indispensable de faire appel à un vétérinaire en cas de blessure.
Qui n’a jamais vu de petites grosseurs au niveau du boulet d’un cheval ? Ces molettes, qui peuvent être tendineuses ou articulaires, se forment à la suite d’une inflammation au niveau de l’articulation ou à proximité de la gaine tendineuse. Les grosseurs observées sont alors du liquide synovial produit en grande quantité, à la suite de cette inflammation. Leur origine est généralement une sollicitation intensive du membre et / ou un terrain arthrosique.
Ces informations sont données à titre indicatif, demandez toujours l’avis d’un vétérinaire.
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